|
Victorin Lurel s'est réjoui des "avancées significatives" faites par l'autorité de régulation des Télécoms pour tenter de réduire la différence appliquée par les opérateurs de téléphonie mobile entre l'hexagone et les outre-mer. Le ministre des outre-mer semble y voir les premiers résultats de son combat contre la vie chère.
Téléphoner moins cher entre l'Hexagone et l'outre-mer et vice-versa, est-ce pour bientôt ? En tout cas, l'autorité de régulation des télécoms (ARCEP) s'est prononcé ouvertement en faveur d'une réduction de la différence appliquée dans les tarifs de la téléphonie mobile entre l'outre-mer et l'hexagone et préconise une convergence avec les tarifs appliqués par les différents opérateurs à destination des cinq DOM. Il faut dire que ces politiques tarifaires sont jugées "discriminatoires et inégalitaires à l'égard des originaires d'outre-mer parce qu'elles assimilent ces départements d'outre-mer à des pays étrangers" selon les termes de Claudy Siar, le désormais ancien délégué interministériel pour l'égalité des Français d'outre -mer qui en avait un de ses chevaux de bataille et se targuait d'avoir été le premier à ouvrir le débat au plus haut sommet de l'Etat. Le délégué interministériel s'était saisi du dossier au nom du principe de la continuité territoriale et avait interpellé les parties prenantes à commencer par l'Autorité de la Concurrence. Récemment encore, des associations se prévalant du soutien de Claudy Siar avaient lancé une campagne d'information pour protester contre "l'inacceptable inégalité de traitement" pratiquée en outre-mer par les opérateurs de téléphonie mobile et avaient menacé de porter l'affaire au niveau de la Cour européenne de justice.
La méthode Lurel contre la vie chère
Toujours est-il que face à cette pression conjuguée des pouvoirs publics et des associations, "des avancées significatives" ont été enregistrées. Dans ce projet de décision qui pourrait entrer en vigueur "au 1er janvier 2013, à l'issue d'une période de consultation publique", selon le ministre des outre-mer, l'ARCEP propose "un plafond de tarif de terminaison d'appel vocal mobile égal à 1 centime d'euro, par minute, applicable au 1er janvier 2013" aux principaux opérateurs dans la zone Antilles, Guyane, Réunion et Mayotte. L'autorité de régulation considère que "ce niveau de tarif crée les conditions économiques d'un développement des offres d'abondance pour les communications mobiles ultramarines ainsi que^pour les communications au départ de lignes fixes et à destination des mobiles". Elle conclut que "la réduction de l'écart entre les terminaisons d'appel mobiles ultramarines et métropolitaines (qui ne serait plus que de 0,2 centime d'euro par minute) devrait favoriser l'inclusion dans les forfaits métropolitains les appels vers les mobiles ultramarines". Des avancées qui réjouissent Victorin Lurel dans la perspective de son combat contre la vie chère en outre-mer, d'autant que lors de sa rencontre avec le PDG de France-Télécom- Orange, Stéphane Richard, celui-ci a manifesté son intention de formuler dans les prochaines semaines de nouvelles offres en matière de téléphonie mobile à destination des outre-mer. La méthode du ministre qui a promis de s'attaquer résolument à la problématique de la vie chère, conséquences de rentes de situation, de monopoles et des oligopole ayant encours dans ces régions, en épuisant d'abord toutes les voies de la concertation et de la négociation, avant de passer à la loi et à la réglementation, serait -elle en train de porter ses porter ses fruits ? Rien n'est moins sûr, mais on voudrait le croire.
E.B.
|
|
|
|