ON A SIMPLEMENT DEPLACE NOS CHAINES QUI SONT ENCORE PRESENTES DANS NOS ESPRITS, NOS ÂMES, NOS CHAIRS ET NOUS AVONS LE DEVOIR DE LE RAPPELER ET DE COMBATTRE L'OUBLI !
Pourquoi certains veulent-ils brocarder la date du 23 mai ? Est-ce parce que des nègres ont brisé des chaînes datant de plusieurs siècles sans demander la permission au maitre ?
Est-ce si effrayant de voir sur le sol français des nègres se regrouper et suivre les traces des Delgrès et autres en refusant qu’en 2010 leur histoire, leurs souffrances soient toujours occultées, déniées, méprisées et piétinées.
Il faudra pourtant que la France s'habitue au 23 Mai, que l'Etat et toutes les autorités de la République s'habituent à voir les petits-fils et filles d'esclaves commémorer leurs ancêtres le 23 mai. Il est temps que la discrimination entre les commémorations, les souffrances et les génocides disparaisse.
UN GENOCIDE reste un GENOCIDE.
Le piège est sûrement que les autorités pensent avoir rempli leur mission et leurs obligations en nous attribuant une date et surtout être parvenues à nous faire croire que c’était notre choix et notre volonté.
Quand nous entendons certains ministres répéter avec agacement et condescendance que la France a déjà accordé certaines dates de commémorations à ses descendants d’esclaves et que sa grandeur d'âme et son humanité ont des limites, nous restons interloqués devant tant de duplicité.
Le Président de la République dit ne pas être comptable des crimes commis par la France et au nom de la France.
Je m’autorise à penser que le premier magistrat de France a voulu signifier que ses parents n’étant pas encore Français, il ne pouvait pas porter la responsabilité des crimes perpétrés par la France au cours de son histoire.
Une posture qui ne trouve pas grâce à mes yeux car quand on prend la tête d'un pays, on doit être fier de son rayonnement à travers le monde, mais aussi assumer sa part d'ombre. La France vante souvent sa contribution aux droits universels de l'Homme et loue ses hommes de lumière, mais elle doit aussi avoir le courage de faire face à son passé peu glorieux et son rôle trouble pendant la période esclavagiste et de la traite négrière.
Le plus grand génocide de tous les temps doit être affiché au fronton de l’humanité et tout un chacun doit y être imprégné.
Nous ne demandons pas d’avoir pour nous autant d’allégeance qu'à l'égard du CRIF, mais souhaitons simplement que ce crime- le plus grand génocide de tous les temps - soit considéré comme tel, dans toute son horreur et dans son indicible.
23 MAI 1998, NOUS L’AVONS FAIT
Nous avons tous dans nos mémoires le 23 mai 1998, à l'occasion du 150e anniversaire de l’abolition de l’esclavage dans les colonies françaises, où 40 000 participants, pour la plupart des originaires des DOM, ont défilé silencieusement de la République à la Nation afin d'honorer le martyr de leurs aïeux esclaves.
C’était une première en France ! Le 30 octobre 1999, les organisateurs de cette marche « historique » créaient le Comité Marche du 23 mai 1998 (CM98), une association qui entend faire perdurer cet impérieux devoir de mémoire et faire de cette journée une date de souvenir et de recueillement.
France où est ton équité ?
André Richol