L'Etat a décidé de traquer les fraudeurs en étendant à la Guadeloupe le CODAF, une instance regroupant les différents services compétents en la matière qui seront dotés de moyens plus appropriés à la lutte contre la fraude. Une fraude qui représenterait un manque à gagner de plusieurs dizaines de millions d'euros. Les autorités oseront-elles s'attaquer à certains secteurs professionnels en infraction permanente ? Rien n'est moins sûr.
En ces temps de disette et de restriction budgétaire, l'Etat cherche par tous les moyens à remplir ses caisses de plus en plus videsi. Après les niches fiscales, le gouvernement a décidé de s'attaquer à la fraude sous toutes ses formes et dans les recoins les plus reculés du territoire de la République. Le mot d'ordre est désormais haro sur les fraudeurs. Que l'on tente de tromper les services de l'Etat en effectuant de fausses déclarations au fisc et aux organismes sociaux pour bénéficier de prestations sociales indues, que l'on participe à des affaires d'immigration clandestine,, que l'on soit impliqué dans des affaires de travail au noir ou que l'on fasse prospérer l'économie souterraine, désormais il n'y aura plus d'impunité. L'Etat a décidé de prendre le taureau par les cornes et de se donner les moyens de sanctionner ces agissements. Les contrôles seront donc renforcés et les actions de recouvrement et de répression seront plus coercitives notamment dans des secteurs professionnels plus enclins aux irrégularités comme le BTP, l'hôtellerie, la restauration, les transports collectifs ou les entreprises de surveillance et de gardiennage.
La mise en place du CODAF
Pour tenter d'enfdiguer le phénomène de la fraude qui est devenue un véritable sport national en Guadeloupe, les autorités ont ainsi étendu le comité opérationnel départemental anti-fraude (CODAF) à l'archipel. L'installation de cette instance qui existe déjà dans d'autres régions de France, a été faite le 22 juillet dernier. Elle est conjointement présidée par le préfet et le procureur du TGI de Basse -Terre et regroupe l'ensemble des services de l'Etat compétents dans la lutte contre les fraudes (police, gendarmerie, douanes, fisc, inspection du travail) et des organismes économiques et sociaux (pôle emploi, CGSS, CAF, RSI, IEDOM). Ces différents organismes et services de l'Etat pourront désormais croiser leurs fichiers pour débusquer les éventuels fraudeurs. L'Etat entend ainsi mettre un frein à la fraude aux finances publiques qui représenteraient au bas mot des dizaines de millions d'euros de manque à gagner pour lui en Guadeloupe. On espère simplement que cette chasse aux fraudeurs concernera aussi et surtout les "gros poissons" et certains secteurs professionnels qui ont érigé la fraude et l'illégalité en principe presque fondateur.
E.B.