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Raymond Occolier, le maire du Vauclin, qui briguait la tête de liste de son parti pour les prochaines élections régionales, mais qui a été recalé par les militants au profit de Marlène Lanoux, a finalement démissionné de la FSM. Un départ lourd de conséquences à la fois pour lui et pour le PS local. Décryptage.
Il faut croire que les Antilles ne veulent pas être en reste par rapport aux rivalités et querelles intestines qui rythment la vie du parti socialiste et qui font le bonheur des commentateurs politiques. Après la Guadeloupe où un duel fratricide opposent deux députés estampillés PS, le président de région sortant, Victorin Lurel au maire des Abymes, Eric Jalton, c'est au tour des socialistes martiniquais de se déchirer publiquement à l'approche des élections régionales, objet de toutes les convoitises. En effet, après que les militants de la fédération socialiste de la Martinique lui a préféré Marlène Lanoux pour conduire la liste du parti aux élections régionales de mars prochain, Raymond Occolier n'a pas décoléré et est allé jusqu'au clash. Invoquant "le non respect de la parole donnée", le maire du Vauclin a choisi de rompre avec la FSM. Le conseiller régional sortant estime en outre que compte tenu de son poids électoral et de sa notoriété dans le paysage politique martiniquais, sa légitimité pour prendre la tête de liste du parti paraissait évidente et qu'il était mieux à même que sa rivale Marlène Lanoux, inconnue des électeurs et n'ayant aucune expérience des joutes électorales, de permettre au PS de surfer sur les résultats des dernières consultations qui ont vu ses positions se conforter par les électeurs .
Un départ lourd de conséquences
Sauf que la candidature de Raymond Occolier a été recalée par les militants en raison de sa position ambigüe sur le passage à l'article 74 de la Constitution puisque lors du Congrès des élus, contre l'avis des adhérents, il avait voté et fait voter en faveur de cet article. Depuis, il est vrai, il s'était montré très discret sur la question avant et après la campagne qui a précédé le scrutin du 10 janvier. Reste que ce départ aura des conséquences politiques très lourdes à la fois pour le PS local qui perd en Raymond Occolier non seulement un pourvoyeur de voix émanant de son fief du Vauclin, mais également un redoutable débatteur et un fin tacticien. Mais le président de l'association des maires de Martinique est également perdant dans cette affaire car il devra revoir à la baisse ses ambitions sénatoriales. Ce n'est un secret pour personne que, de son poste stratégique de président de l'AMM, Raymond Occolier lorgne sur les sénatoriales de 2011.
Vers un ralliement au RDM
Aujourd'hui, Raymond Occolier ne peut se permettre de faire l'impasse sur ces régionales. Il indique d'ailleurs qu'il fera part, le moment venu, de ses propositions en faveur du développement économique et social de la Martinique. Manière de dire qu'il ne restera pas muet et inactif dans cette campagne et qu'il pourrait même rallier une autre liste. D'aucuns pensent qu'il devrait rejoindre le RDM, un rassemblement hétéroclite d'élus de la gauche réformiste présidé par Claude Lise, le président de la collectivité départementale, transfuge du PPM qui, pour les besoins de la cause - entendez la volonté de faire triompher l'article 74 - s'est rapproché du MIM d'Alfred Marie-Jeanne. Raymond Occolier joue, cependant, gros car ses ex-amis du PS et leurs alliés objectifs du PPM, ne lui feront pas cadeau et feront tout pour lui barrer la route qui mène à la haute chambre. Mais, d'ici là, de l'eau aura coulé sous les ponts et les cartes seront assurément rebattues, notamment lors de ces très prochaines régionales.
E.B.
Photo : R. Moïsa
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